top of page
Rechercher

C'EST QUOI UNE VOUIVRE?

J'ai réalisé que pas mal de monde ignorent ce qu'est la Vouivre,

alors, j'avais commencé à rédiger un petit article pour essayer de résumé, puis j'ai trouvé un texte de Jean Pierre Malgoire, géobiologue du coté d'Auxerre, alors je vais le citer, car son texte est juste parfait :



 

"Monstre folklorique mythique, la vouivre ou encore wivre, du latin vipera, vipère, ou vivere selon d'autres, est une sorte de dragon ailé qui porte une escarboucle sur le front… Cet œil, une grosse pierre précieuse, est parfois caché dans les roseaux des berges d'une rivière ou d'un lac tandis qu’elle pêche, pouvant être subtilisé par un voleur audacieux. Le reste du temps, elle veille sur les trésors souterrains… Cette pierre a fasciné les hommes, on retrouve leur convoitise les amenant à la tuer pour s'emparer du diamant dans beaucoup de contes et de légendes... Dans son roman, Marcel Aymé s’est inspiré de la légende de la vouivre d'Avoudrey, la plus belle de Franche-Comté, qui outre une escarboucle possède une couronne de perles sur la tête, à minuit au moment où dans l'église on chante matines, descend le soir de Noël et posant un instant son escarboucle et sa couronne au bord de la source, va boire à la fontaine du village... Vouivre en patois de Franche-Comté étant l'équivalent du vieux mot français "guivre" et elle est restée dans le langage de son blason, la Vouivre ou Guivre aurait été primitivement un "serpent de feu" et non pas un serpent d'eau… Dans vouivre, on peut voir une racine indo-européenne Gwer ou Gwor, indiquant une idée de "chaleur", cette étymologie expliquerait pourquoi les vouivres ont des ailes et portent sur le front une escarboucle étincelante, un charbon ardent, en latin "carbonculus", quand plongeant dans les fontaines ou dans les puits, elles laissent leur escarboucle sur la margelle. On trouve ici une association de la "vouivre" avec une idée de lumière et de chaleur sortant des entrailles de la terre, aussi traditionnellement, la vouivre garde les trésors souterrains, crachant souvent le feu. « Guivre », ou «Givre », est souvent orthographié « wivre », comme dans la Nièvre, ou encore Nwywre, à propos du serpent gravé sur le menhir de Manio à Carnac, le Manuscrit des Paroles du Druide sans nom et sans visage préférant la sonorité Vuipre, plus âpre et plus rude. Parfois, orthographié « Wivre », le W marquant par sa sonorité autant que par sa graphie le mouvement du serpent, son ondulation, la vibration. Dans Le Pape des Escargots, Henri Vincenot nous conte que le héros La Gazette se déplace en suivant les chemins de la vouivre, des chemins qui serpentent dans les campagnes, ce que font traditionnellement tous les pèlerins. Souvent décorées d'une vouivre, les cannes des paysans de nos campagnes témoignent d'une ancienne connaissance qui a traversé les siècles : le serpent étant symbole de sagesse et de guérison. Aussi associé au féminin, et tout particulièrement aux Déesses Mères, son mouvement ondulatoire et sa forme l’associent à l'énergie sexuelle, ses résurrections périodiques et ses mues aux phases de la lune qui incarnent le pouvoir régénérateur des eaux, mais aussi aux énergies latentes renfermées dans le sein de la terre. Tout en étant à la fois créateur et destructeur, il représente la force vitale d’essence supérieure, Salus, par exemple, la déesse de la Santé et de la Guérison chez les Romains, avait le serpent comme attribut. Souvent souterraines, les déesses mères étaient et les déesses au serpent sont la transposition des déesses chthoniennes gauloises, les vierges noires les héritières. 1 Dans les Alpes ou le Jura, un serpent volant aux proportions énormes porte sur sa tête une aigrette ou couronne étincelante, et sur le front un œil unique, un diamant lumineux qui projette une vive lumière que l'on voit de très loin lorsqu'elle voltige de mont en mont une haleine de flammes et d'étincelles sortant de sa bouche. À Blamont dans le Doubs, elle lavait ses ailes brillantes à la source de la Fuge, elle hantait aussi les forêts du Mont Bleuchin, celle de Gémeaux en Côte-d'Or se baignait dans la fontaine Demelet, on pourrait encore citer celles de Couchesles-Mines en Saône-et-Loire, Vitteaux en Côte-d'Or, Beaulon dans l’Allier, ou Fleury-sur-Loire dans la Nièvre... On raconte aussi que les habitants du Valais se débarrassèrent d'un monstrueux serpent nommé la Ouïvra, qui avait une tête de chat sur un corps de serpent enlevait les bestiaux de la montagne de Louvye... C’est ainsi que très souvent, elle veille sur des trésors souterrains, comme par exemple sous la pierre de Vaivre du Mont Beuvray, où elle sort de terre une fois l’an à Pâques pour étalé ses trésors au soleil. La vouivre est l'énergie qui anime tout être vivant issu de la Terre (minéral, végétal, animal et humain), elle représente en fait les courants d’énergie tellurique qui innervent la Terre considérée comme vivante, beaucoup de sources guérisseuses sont chargées de l’énergie de la vouivre du lieu. Sur les hauts lieux, son énergie rejoint l’énergie cosmique, c’est pourquoi se succèdent depuis des millénaires les cultes celtes, gaulois, romains et chrétiens sur ces lieux. On trouve ainsi de nombreux endroits de culte à la Terre-Mère dont le serpent est l'attribut, dont certains comme à Longpont-sur-Orge dans l’Essonne, ou Montmorillon dans la Vienne, furent des lieux de culte à Isis. Mais la Vouivre, c'est aussi le dragon, le latin « draco » ayant donné en français dragon, et « drake » ou « drache » en anglais ou en allemand. Innombrables sont les légendes qui le concerne… Les Dragons Vouivres sont très souvent donnés comme habitants des grottes ou des cavernes, des lieux souterrains qui furent des lieux d'initiation à l'époque néolithique. On trouve par exemple un dragon qui ravageait le pays d'Ajoie (Doubs), celui des Combes (Doubs) gardait un trésor, on offrait des jeunes filles en pâture à celui de Domfront (Orne), le dragon de Lissagues (Basses-Pyrénées) tua le seigneur Gaston de Belzunce près de la fontaine, celui des creux du Laquet à Saint-André-de-Valborgue (Gard) était particulièrement horrible… On les trouve encore à Douai, Mons, Vannes, Moret-sur-Loing, Troyes, Nevers, Avignon, Cavaillon, Sisteron… La Coulobre (du latin coluber) provençale, c'est le dragon qui sort de la grotte de la fontaine de Vaucluse d'où sourd la Sorgue, celle de Bagnols-sur-Cèze (Gard) a sept têtes et sept queues. Toujours en Provence, Alphonse Daudet nous dit que la Tarasque était connue dans tout le pays sous le nom de "la mère-grand"…, l'énergie de la Tarasque, celle de la Terre Vivante émergeant du Chaos étant celle de la Grand'Mère, la Mère-Grand, comme pour Morgane, Morgue, Margot, Marguerite… cette Mère-Grand,Mère de l'Unité ou encore Merlin, Mère de la Lumière, Merlusine… et Mélusine, chthonienne avec sa queue de serpent, elle qui s'envole par la fenêtre du château de Mervent, est encore une Vouivre. Bibliographie La Vouivre, roman de Marcel Aymé illustré par Leonor Fini. La Vouivre, symbole universel, essai de Kintia Appavou et Régor R. Mougeot, aux éditions La Table d'Émeraude. Le Pape des Escargots, roman de Henri Vincenot Editions Folio. L'Œil de la Vouivre, d'Édith Montelle, aux éditions La Nuée Bleue Éditions de l'Est."

 

Je n'aurai dit mieux!

6 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Comments


bottom of page